Bâtir un quartier d’affaires autour de l’aéroport Lille-Lesquin et étendre ce dernier, c’était le grand projet de campagne de Philippe Hourdain. En 2016, une vidéo de promotion montre celui qui est alors à la tête de la CCI Grand Lille survolant Lesquin en hélico. Une voix off le claironne : « c’est là, sur une emprise de 35 hectares « idéalement située » que doit être réalisé le site.« 

En décembre 2019, le vote du plan local d’urbanisme de la Métropole européenne de Lille (MEL) enterre le projet. La moitié des 35 hectares est reclassée en terres agricoles, car située sur la zone de captage de l’eau potable de la métropole. Dès février 2019, le préfet de région interdisait le périmètre de construction. « Je ne vais pas m’opposer à la protection d’une ressource indispensable », concède, tout penaud, M. Hourdain au site Médiacités. Le souci, c’est que lui et le Président de la MEL, Damien Castelain, avaient été prévenus depuis longtemps de la situation.

« On avait beau les alerter, tant que le préfet n’a pas mis le holà, nous n’avons pas été pris au sérieux », regrette Jérémy Crépel, ex-élu EELV à la MEL. MM. Hourdain et Castelain espéraient une hypothétique dérogation… M. Crépel les soupçonne aussi d’avoir voulu implanter des immeubles sans lien avec l’aéroport et son fret, comme l’exige l’État. Devant ses réticences environnementales, M. Hourdain maintenait qu’on pouvait doubler le nombre de passagers sans forcément plus de vols mais avec des avions plus grands.

En revanche, le Président a réussi, en 2020, à confier la gestion de l’aéroport à Eiffage. « Il y avait un fort contrôle qualité avec l’ex-gestion de la Région et de la MEL. Je ne suis pas sûr qu’il existe encore », s’inquiète M. Crépel. Un dernier couac pour la route ? Ardemment promue par la CCI, la ligne de tramway prévue entre l’aéroport et Lille a été refusée tout net par le conseil métropolitain qui ne la trouve pas prioritaire.

En décembre 2020, la Chambre a soumis aux services préfectoraux un nouveau dossier de quartier d’affaires bien moins ambitieux. La « 3e révolution industrielle » voulue par M. Hourdain attendra encore un peu.

A suivre

Par Stéphane Larue, pour Actualités-CCI.com

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