Retour sur le discours de déconfinement du Premier ministre selon le vice-président de la CCI Nantes Saint-Nazaire

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Alors que le Premier ministre Edouard Philippe a présenté mardi 27 avril, devant une assemblée nationale peu remplie, son plan de sortie de confinement, certaines zones de flou perdurent mais pour bon nombre de commerçants la possibilité d’ouvrir enfin leur commerce offre un réel espoir. Le vice-président de la CCI Nantes St-Nazaire, Hugues Frioux (photo), lui-même artisan coiffeur, se montre plutôt satisfait de ces nouvelles directives.

La possibilité de réouverture -et donc de reprise d’activité- s’accompagne néanmoins de prérogatives sanitaires indispensables et d’une vigilance extrême qui doivent rappeler la fragilité du processus et un toujours possible retour au confinement, comme l’indique Hugues Frioux : « Tous les commerçants doivent être très regardants sur les mesures d’accompagnement des gestes barrière. Chaque professionnel doit protéger son personnel, se protéger soi-même et protéger ses clients. J’en connais quelques-uns qui sont un peu légers. Et, vu les annonces, il va falloir vraiment garantir la pleine sécurité sanitaire à nos clients. Sinon, on passera à côté du chiffre d’affaires que l’on pourrait faire. Au 7 mai, si les pouvoirs publics n’ont pas les résultats escomptés, on n’est pas certains de pouvoir ouvrir le 11 mai. »

L’importance des premiers jours « déconfinés »

Concernant le discours et les mots employés par le Premier ministre, le vice-président de la CCI Nantes St-Nazaire estime qu’ils sont là pour rappeler la responsabilité de tout un chacun : « Certains vont trouver que c’est trop, d’autres pas assez. On ne nous impose pas un certain nombre de clients à l’intérieur de nos magasins. Chacun doit être responsable de la sécurité sanitaire de son établissement. Il s’adresse aux commerçants pour qu’ils s’activent dans ce sens d’ici le 11 mai : à dix jours de l’ouverture, il faut que chacun prenne le temps, dans ses locaux, d’appréhender les volumes, les flux, les zones de passage, les zones d’attente, les zones de travail, les cabines d’essayage pour une pratique des gestes barrière à 2 000 %. Les premiers jours et la première semaine seront très importants. Les gens confinés vont sortir avec une envie de liberté mais aussi une crainte. Il faut que, dès le premier jour, les clients comprennent tout de suite les règles du jeu et soient rassurés« .

Un effet domino pour le succès, ou le fiasco, du déconfinement

Si certains professionnels se rejouissent de pouvoir enfin reprendre leur activité, d’autres doivent encore faire preuve de patience et n’ont toujours pas de date définitive pour retourner au travail, comme l’ensemble des acteurs de l’hôtellerie-restauration, du tourisme, de la culture ou du sport. Il est évident que ces secteurs auront un oeil vigilant sur la première phase de déconfinement dont ils restent privés, car leur propre reprise dépend également du succès de cette première phase. La responsabilité des commerçants joue donc aussi pour d’autres professionnels comme le mentionne Hugues Frioux : « Il faut que tous les voyants soient au vert, que le déconfinement se passe bien, que nous, commerçants, montrons l’exemple et que l’on rassure les clients pour pouvoir avoir, dans une deuxième vague, l’ouverture des cafés, restaurants et hôtels. C’est une progression en escalier, il faut que chacun y mette du sien. C’est une première libération, qui doit se faire avec beaucoup de sérieux et professionnalisme« .