La polémique enfle depuis que la CCI Ille-et-Vilaine et Vinci en tant qu’actionnaires de l’aéroport de Rennes-Dinard ont touché plus de 2 millions d’euros de dividendes pour l’année 2018 et plus de 4 millions d’euros sur 5 ans, a dénoncé l’association pour le développement de l’aéroport de Rennes.

Actionnaires de l’aéroport rennais, la CCI Ille-et-Vilaine et Vinci détenant respectivement 51 et 49% des parts de l’aéroport ont fait une belle opération en 2018 en récupérant deux millions d’euros. L’Adarb (Association pour le Développement de l’Aéroport de Rennes-Dinard) dénonce une prise abusive des profits de l’aéroport alors que nombre d’investissements sont attendus depuis de nombreuses années pour développement de l’aéroport. «Cette année, Vinci et la CCI ont capté deux millions d’euros de dividendes. Dans le détail, 1,373 million provient des bénéfices et 627 000 euros du compte du report à nouveau» explique Hervé Cavalan, président de l’Adarb.

Si Vincent Le Parc, directeur des aéroports régionaux exploités par Vinci, ne nie pas les bénéfices fait, celui-ci nuance : «Cette année est un peu exceptionnelle. Entre 2010 et 2014, les actionnaires de la Société d’exploitation de l’aéroport de Rennes (Seard) n’ont touché aucun dividende. Notre délégation de service public précise que notre rémunération peut aller jusqu’à 52 % du résultat net cumulé depuis le début du contrat», autrement dit, les actionnaires n’ayant rien touché au début du contrat se rattrapent depuis 2014 et ceux-ci ont atteint un niveau record en 2018.

L’Adarb aurait voulu que les dividendes servent plutôt pour réinvestir dans l’aéroport

Depuis 2014, ce sont 4.1 millions d’euros qui ont été engendrés par les actionnaires. «Ces versements n’altèrent ni la capacité de développement de l’entreprise, ni les investissements» insiste Vincent Le Parc. Celui-ci rappelle que le montant des investissements doit représenter 50% de l’Excédent brut d’exploitation, une ligne comptable arrivant bien avant celle des résultats nets. Les dividendes ne sont calculés qu’une fois les investissements réalisés. La Seard déclare avoir investi 6.5 millions d’euros depuis 2013.

«Si les quatre millions d’euros de dividendes versés aux actionnaires avaient été investis pour le développement de l’aéroport, ce dernier ne végéterait pas autant» insiste Hervé Cavalan à la tête de l’Adarb. «Les taxes atterrissage sont de 14 euros par passager à Rennes. À Nantes, elles sont de 6 euros. Si nous baissions ces dernières grâce aux dividendes intelligemment utilisés, l’aéroport de Rennes serait déjà beaucoup plus attractif pour des compagnies aériennes. Nous demandons à la Région Bretagne de revoir ce contrat de délégation de service public qui in fine pèse sur les contribuables bretons» conclu-t-il.