Lancée le 5 décembre 2019, la grève illimitée des services publiques et notamment de la SNCF agace depuis presque un mois les français qui se déplacent chaque jour pour raisons professionnelles. Si les salariés pestent contre des déplacements dont le temps est multiplié par deux ou trois, les chefs d’entreprises font grises mines, notamment dans les Hauts-de-France où 67% d’entre eux se disent impactés par la grève.

D’après les chefs d’entreprises français, une grande majorité se sent impactée par la grève qui paralyse les transports depuis un mois. Plus de 86% des métiers de l’hôtellerie, de la restauration et de café déclarent un chiffre d’affaire en baisse pour le mois de décembre. Au bout de deux semaines de grève, des hôtels lillois ont déclaré avoir eu pour plus de 40% d’annulation.

En plus de la situation dans les transports, des problèmes logistiques surviennent selon une directrice d’hôtel : «On a des femmes de chambre qui ont des enfants à l’école et les écoles font grève, on a des clients qui pleurent dans le salon parce qu’ils n’ont pas de train pour rentrer chez eux, ils loupent leur Eurostar, c’est très compliqué à gérer.» Paul Pelerat à la tête d’une brasserie située au coeur de Lille s’agace : «On a une grosse clientèle de Belges et de Néerlandais qui sont pénalisés car pour venir ici, au niveau des transports, c’est assez compliqué. Ça renvoie aussi une image assez négative».

Le commerce de détail est également touché. Les commerçants enregistrent jusqu’à 70% de baisse de dépense, et 71% de baisse de fréquentation pour une période considérée comme cruciale. «Les gens viennent plus sur du week-end que sur la semaine. Il y a des manifestations la semaine qu’il n’y a pas le week-end, les gens concentrent leurs achats sur le week-end.» selon une gérante d’une boutique de prêt-à-porter du vieux-Lille.

Pour plus de 41% des entreprises de l’étude, leurs salariés ont du mal à se rendre au travail et des aménagements ont été proposés pour faciliter les employés sans qu’ils aient à prendre de congés. Les chefs d’entreprises ont pour plus de 61% d’entre eux aménagés les horaires des employés tandis que 26% ont permis le télétravail pour maintenir une continuité de service.