
Depuis leurs premières initiatives bilatérales en 1986, la France et la Corée du Sud font désormais face à un contexte mondial instable, révélant l’importance de leur partenariat. Porté par des institutions structurantes, le duo renforce aujourd’hui ses liens dans la diplomatie, la sécurité, l’innovation technologique et la transition énergétique.
Le 5ᵉ Dialogue stratégique des ministres des Affaires étrangères, en mars 2025 à Paris, avait vu Jean-Noël Barrot rencontrer son homologue sud-coréen Cho Tae-yul. Ils ont abordé les tensions géopolitiques, l’importance du soutien à la souveraineté de l’Ukraine, et la coopération en matière de défense, d’intelligence artificielle, d’espace, de nucléaire civil et de stratégie climatique.
En mai 2025, la Federation of Korean Industries (FKI) et le MEDEF ont co-organisé à la Station F à Paris le second “Korea–France Future Dialogue”. Plus de 50 entreprises sud-coréennes (dont LG Chem, Hyundai) ont échangé avec des dirigeants français (Air Liquide, TotalEnergies, Airbus) autour d’enjeux clés comme l’aéronautique, l’énergie et les startups.
Lors d’une table ronde organisée par le ministère coréen du Commerce, la FKCCI (Chambre de Commerce et d’Industrie franco-coréenne), représentée par David-Pierre Jalicon, a souligné une balance commerciale presque équilibrée et les projets majeurs réalisés par des entreprises françaises — relance de Renault en Corée, investissements d’Arkema, d’EDF Renouvelables ou encore un hub quantique Pasqal.
La France reste un partenaire de choix en Europe pour la Corée du Sud : elle est le troisième marché exportateur sud-coréen, avec un commerce bilatéral ayant dépassé 10,4 milliards d’euros en 2021. Outre le commerce, la coopération couvre aussi la science (laboratoire Institut Pasteur Korea, CNRS), l’éducation (plus de 3 000 étudiants coréens en France), la culture et la mobilité.
La France et la Corée du Sud partagent des visions convergentes dans leur approche Indo-Pacifique, reposant sur les valeurs de démocratie et de gouvernance. Elles collaborent dans des forums multilatéraux comme CREWS ou Kiwa, parfois au-delà du cadre bilatéral traditionnel.
La coopération se traduit aussi sur le terrain des affaires décentralisées : salons VivaTech, conférences FoodTech, création de comités RH/compliance… La Chambre de Commerce et d’Industrie franco-coréenne (FKCCI) active ces dispositifs pour promouvoir les innovations coréennes (startups, mobilité, quantique) dans l’écosystème français.
Face à une conjoncture mondiale marquée par la montée des tensions, la France et la Corée du Sud prouvent qu’un partenariat structuré, multi-sectoriel et nourri de dialogues publics-privés, est plus que jamais une nécessité. Qu’il s’agisse de sécurité, d’économie, d’énergie ou de technologie, leur coopération reste un pilier stable dans un monde incertain.
Face aux enjeux du XXIᵉ siècle, la France et la Corée du Sud offrent un modèle de partenariat bilatéral intelligent et concrètement adapté aux défis globaux.

























