Philippe Mahey, directeur de l’ISIMA: « l’ouverture à l’international existe via des doubles diplômes et des partenariats »

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Après avoir obtenu en 1978 un doctorat en informatique à l’université Paul-Sabatier de Toulouse, Philippe Mahey enseigne de 1978-1988 à l’université de Rio de Janeiro, puis de 1988-1993 à l’université Joseph-Fourier de Grenoble. Recruté comme professeur à l’ISIMA dès sa création, il en a pris la direction en 2007.

 

Commerce International : Comment est née l’ISIMA ?

 

Philippe Mahey : « Fondée en 1993 par le professeur Alain Quilliot, la 1re promotion date de l’année suivante. Adossée à l’université Blaise-Pascal de Clermont-Ferrand, l’ISIMA doit sa création au soutien des collectivités locales (Conseil régional d’Auvergne, Conseil général du Puy-de-Dôme et ville de Clermont-Ferrand) et aussi des entreprises (Cap Gemini, EDF, IBM, Michelin, Crédit agricole…). Le but était de développer une filière technologique régionale autour des TIC en proposant une formation de type ingénieur dans un contexte de développement de la recherche sur le campus clermontois. »

 

Comment fonctionnent le recrutement des étudiants et la scolarité ?

 

P. M. : « Le recrutement est national via les classes préparatoires aux grandes écoles, à travers les concours communs polytechniques, via des filières informatiques de type IUT et des licences d’informatique ou de mathématiques, et à travers un examen de dossiers libres. La scolarité dure trois ans avec environ 120 étudiants par promotion. Ils obtiennent en fin de cursus le diplôme d’ingénieur en informatique et modélisation qui est reconnu par la CTI, qui a renouvelé son habilitation à la fin de l’année dernière et pour les six prochaines années. Un diplôme de spécialisation par la recherche peut être délivré au terme d’une 4e année d’études dans l’institut. Il y a aussi une trentaine d’étudiants en master informatique qui sont cohabilités par l’école et l’université. »

 

Combien y a-t-il de filières spécialisées au sein de l’ISIMA ?

 

P. M. : « Elles sont cinq : informatique des systèmes embarqués ; génie logiciel et systèmes informatiques ; systèmes d’information et aide à la décision ; calcul et modélisation scientifique ; réseaux et télécommunication. La pédagogie se structure en deux pôles : une formation générale avec deux langues obligatoires (anglais niveau Test of English for International Communication, allemand, espagnol, italien, chinois, japonais) ainsi que la connaissance des entreprises et des systèmes économiques, et une formation technique et scientifique où l’accent est mis sur la conception et la maîtrise des outils informatiques, les outils et méthodes pour la modélisation et les applications. Il y a deux stages obligatoires de cinq ou six mois en fin de 2e et 3e année à effectuer en France ou à l’étranger. »

 

Quels partenariats internationaux ont été développés par l’ISIMA ?

 

P. M. : « L’ouverture à l’international existe via des doubles diplômes et des partenariats. D’une part, nos étudiants peuvent aller à l’étranger pour effectuer un stage et/ou une partie de leurs études, d’autre part, des étudiants étrangers viennent étudier chez nous. Ils sont de plus en plus nombreux (15 % des effectifs). Nous avons des partenariats aux États-Unis (laboratoire NIST à Washington, université d’Oklahoma), au Canada (École polytechnique de Montréal, université du Québec à Chicoutimi), en Europe (Allemagne, Espagne, Irlande, Norvège, République tchèque, Royaume-Uni, Suisse…), en Chine (universités de Wu-Han et Harbin), au Japon, au Brésil et enfin au Maroc avec l’École nationale supérieure d’informatique et d’analyse des systèmes (ENSIAS) de l’université Mohammed V-Souissi… »

 

Quels sont les débouchés ?

 

P. M. : « Les ingénieurs diplômés de l’ISIMA orientent leur carrière vers le secteur de l’informatique des organisations (banques, assurances, services publics…), les entreprises consommatrices de calcul et de modélisation scientifique (aéronautique, automobile, bio-informatique, télécommunications, transports…), les grands constructeurs informatiques et surtout les sociétés de service en ingénierie informatique, les centres de R&D. Plus de la moitié de nos élèves reçoit une première proposition d’embauche lors de leur stage de fin d’études et l’attractivité des premiers postes à l’étranger est en constante progression. »