
La Chambre Économique Maroc-Canada (CEMC) organise le 19 septembre à Montréal un sommet économique consacré au passage «de l’intention à l’investissement». La rencontre doit rapprocher entreprises et investisseurs des deux pays et identifier de nouveaux projets dans un contexte où le Maroc cherche à attirer davantage de capitaux étrangers et où le Canada souhaite diversifier ses partenariats économiques.
Le Maroc et le Canada cherchent à donner une nouvelle impulsion à leurs relations économiques. Un sommet consacré à l’investissement bilatéral se tiendra le 19 septembre à Montréal sous l’impulsion de la Chambre de Commerce Maroc-Canada. Baptisé «From Intention to Investment», l’événement doit mettre directement en relation des entreprises, investisseurs et porteurs de projets des deux pays afin de faire émerger de nouvelles opportunités commerciales et industrielles.
L’objectif affiché par la Chambre est de dépasser les simples échanges commerciaux pour favoriser la concrétisation de projets d’investissement. Les discussions doivent notamment permettre aux entreprises canadiennes de mieux identifier les opportunités offertes par le marché marocain, tandis que les acteurs économiques marocains pourront présenter leurs besoins en capitaux, en technologies et en partenariats. Cette approche intervient alors que Montréal constitue un point d’ancrage important des relations économiques entre les deux pays, notamment grâce à la présence d’une importante communauté marocaine au Québec.
Le potentiel de coopération s’étend à plusieurs secteurs. Le Maroc cherche depuis plusieurs années à renforcer son attractivité dans l’industrie automobile, l’aéronautique, les énergies renouvelables, l’agroalimentaire, la logistique et les technologies numériques. Le pays dispose également d’infrastructures portuaires et industrielles développées et cherche à utiliser sa position géographique pour servir de plateforme vers les marchés africains et européens.
Le Canada dispose de son côté d’expertises particulièrement recherchées par le Maroc, notamment dans les mines, les infrastructures, les technologies, les services financiers et l’agroalimentaire. Les entreprises canadiennes sont déjà présentes dans plusieurs secteurs de l’économie marocaine, avec une implantation particulièrement visible dans l’industrie minière. Le développement de nouveaux partenariats pourrait ainsi favoriser davantage de transferts de technologies et de savoir-faire.
Cette volonté de renforcer les investissements intervient également dans un contexte de recomposition des chaînes d’approvisionnement mondiales. Le Canada cherche à diversifier ses débouchés et ses partenariats alors que son économie reste fortement dépendante du marché américain. Ottawa met désormais davantage l’accent sur l’attraction de capitaux étrangers et sur le développement de nouveaux corridors commerciaux. Le gouvernement canadien a notamment annoncé en septembre vouloir mobiliser plus de 1 000 milliards de dollars canadiens, soit environ 640 milliards d’euros, d’investissements sur cinq ans dans plus de 160 projets.
Pour le Maroc, l’enjeu est également d’attirer davantage d’investissements directs étrangers dans des activités créatrices de valeur et d’emplois. La stratégie nationale d’investissement vise notamment à accroître la part du secteur privé dans l’investissement national et à attirer des projets industriels capables de renforcer les capacités d’exportation du Royaume. L’Agence Marocaine de Développement des Investissements et des Exportations (AMDIE) joue à ce titre un rôle central dans la promotion du pays auprès des investisseurs internationaux.
Les relations économiques entre les deux pays disposent par ailleurs d’un cadre commercial ancien, même si les négociations en vue d’un éventuel accord de libre-échange avaient été interrompues après trois cycles de discussions. Le Canada et le Maroc continuent néanmoins de développer leur coopération dans le cadre de leurs accords commerciaux et de leurs relations avec l’Union européenne et d’autres marchés.
Le sommet de Montréal intervient ainsi à un moment où les deux économies cherchent à élargir leurs partenariats et à attirer de nouveaux capitaux. Pour la Chambre de Commerce Maroc-Canada, l’enjeu sera désormais de transformer les contacts noués lors de cette rencontre en investissements et en partenariats durables. Une dynamique qui pourrait renforcer le rôle du Maroc comme plateforme économique vers l’Afrique et celui du Canada comme source de capitaux, de technologies et d’expertise pour les entreprises marocaines.























