L’Allemagne qui a pu profiter durant des décennies d’une forte croissance semble bien affaiblie ces derniers temps: les exportations ne trouvent plus autant preneurs, la force politique et économique de nos voisins d’outre-Rhin patine et le risque de récession n’a jamais été aussi présent depuis la réunification allemande.

Si l’information n’a été que peu relayée en France, la faillite d’Eisenmann, une entreprise allemande spécialisée dans la peinture de voiture et employant plus de 3000 personnes a fait l’effet d’une bombe cet été. Les quotidiens nationaux ont directement commencé à parler de crise au moment de cette annonce. Et pour cause, Eisenmann faisait parti du tissu des entreprises qui font la puissance de l’Allemagne.

Du côte des gros groupes le géant de la chimie BASF a abaissé en juillet ses prévisions pour 2019, et le constructeur automobile Daimler (Mercedes, Smart…) a émis deux fois sur trois semaines des alertes concernant des avertissements sur résultat, de quoi inquiéter dans le pays où la puissance du secteur automobile est un des piliers de l’économie.

Les constructeurs automobiles allemands sont en perte de vitesse

Peter Altmaier, le ministre de l’Economie, a tenté à plusieurs reprises sur les différents plateaux de télévision de rassurer les allemands en leur disant que le «pire n’est pas à venir», malgré une croissance morose avec une croissance négative à -0.1% pour le second trimestre 2019. L’activité pourrait à nouveau se contracter selon la Deutsche Bundesbank.

L’économie allemande est touchée en plein coeur, les exportations ont chuté de 8% en un an et la production manufacturière a reculé elle de 5.2%. Même le marché du travail commence à montrer des signes de faiblesse avec une ralentissement de la création d’emploi et une faible hausse du nombre de chômeurs. Résultats des courses, une croissance à 0.5% pour 2019 prévu tandis qu’elle était à 2.2% il y a 2 ans, et 1.4% il y a un an…

Au delà des tourments politiques au sein de l’Allemagne, c’est toute la situation géopolitique qui impacte l’économie allemande : les effets du Brexit mine l’économie allemande, la guerre commerciale entre la Chine et les États-Unis crée son lot de problèmes et le resserrement du crédit en Turquie ne favorisent pas les exportations pour un pays qui est habituellement très demandeurs de produits allemands.