
Après les annonces de Sébastien Lecornu sur la reconstruction et l’adaptation de la Gironde suite aux incendies de cet été, le monde économique reste prudent. La CCI Bordeaux Gironde qui accompagne depuis le début de la crise des milliers d’entreprises affectées par ces embrasements de grande ampleur, estime que les réponses apportées doivent désormais être à la hauteur des pertes subies par le tissu économique local.
Trois semaines après le mégafeu qui a ravagé une partie de la Gironde, le gouvernement veut désormais passer de la gestion de l’urgence à celle de la reconstruction. Le Premier ministre Sébastien Lecornu s’est rendu en Gironde le 17 août pour lancer une mission consacrée à la «reconstruction et adaptation des territoires». Le sinistre de juillet a parcouru près de 42 000 hectares et provoqué d’importantes perturbations pour les habitants comme pour les entreprises.
Pour le secteur économique, la facture dépasse toutefois largement les seuls dégâts matériels. Dès le mois de juillet, la CCI Bordeaux Gironde avait activé une cellule de crise avec les autres organismes consulaires afin d’accompagner les entreprises touchées. Elle recensait notamment des fermetures d’établissements, des évacuations, des difficultés d’accès aux sites et des interruptions d’activité en pleine saison touristique.
L’ampleur du choc est considérable. Selon les données communiquées par la CCI Bordeaux Gironde à Euronews, environ 40 000 entreprises ont été directement ou indirectement affectées par les incendies et les mesures d’évacuation. Ces entreprises représentent près de 200 000 emplois. Le secteur touristique apparaît particulièrement vulnérable, certaines entreprises réalisant jusqu’à 80% de leur chiffre d’affaires annuel pendant la saison estivale.
Face à cette situation, les attentes des dirigeants portent d’abord sur la trésorerie et la continuité de leur activité. La CCI a ainsi reçu des demandes concernant les reports d’échéances fiscales et bancaires, les cotisations sociales, les déclarations auprès des assureurs ou encore le recours à l’activité partielle. Son dispositif d’urgence doit permettre aux entreprises d’être orientées vers les différents mécanismes d’aide disponibles.
Le gouvernement a également mis en place plusieurs mesures destinées à limiter les conséquences économiques du sinistre. Le ministère de l’Économie indique que les entreprises peuvent notamment bénéficier de dispositifs concernant l’activité partielle, les difficultés fiscales et sociales, les assurances ou encore la médiation entre clients et fournisseurs. L’État précise que les Chambres consulaires constituent des interlocuteurs privilégiés pour accompagner les professionnels dans ces démarches.
Pour autant, la reconstruction économique ne pourra pas se limiter à des mesures d’urgence. Une partie des entreprises concernées doit désormais faire face à une baisse durable de fréquentation, à des dommages sur leurs locaux ou leurs équipements et à la nécessité de reprendre rapidement leur activité alors que la saison touristique a été fortement perturbée. La CCI Bordeaux Gironde souligne ainsi l’importance d’un accompagnement dans la durée, au-delà de la seule période de crise.
Cette mobilisation consulaire s’inscrit dans un dispositif plus large associant également la CMA Nouvelle-Aquitaine, les préfectures et les services de l’État. Pour les artisans comme pour les commerçants, la Chambre consulaire propose notamment un accompagnement concernant les déclarations de sinistre, les démarches administratives, les dispositifs d’indemnisation et la sécurisation des outils de travail.
L’enjeu est désormais de transformer les annonces gouvernementales en réponses concrètes pour les entreprises. Alors que la France connaît une année particulièrement difficile sur le front des feux de forêt, avec plus de 115 000 hectares brûlés depuis le début de 2026 selon les données communiquées en août, la question dépasse la seule reconstruction de la Gironde. Elle pose celle de l’adaptation durable des territoires et de leur économie à des épisodes climatiques appelés à devenir plus fréquents et plus intenses.























