
À Lyon, les représentants du monde économique dressent un constat préoccupant pour la rentrée 2026. Philippe Valentin, président de la Chambre de Commerce et d’Industrie Lyon Métropole Saint-Etienne Roanne, évoque une situation désormais difficile dans l’ensemble des secteurs et une montée de l’attentisme des entreprises. Un diagnostic également partagé par le Medef Lyon-Rhône, alors que les acteurs économiques appellent à davantage de visibilité et de stabilité.
À la tête de la CCI Lyon Métropole Saint-Etienne Roanne depuis 2019, Philippe Valentin estime que la dégradation de la conjoncture touche désormais une grande partie du tissu économique local. Dans un entretien accordé à Valeurs actuelles le 24 septembre, il indique que «l’ensemble des secteurs économiques sont désormais touchés», avec très peu d’activités épargnées. La Chambre représente environ 170 000 entreprises sur son territoire.
Cette situation se traduit notamment par une prudence accrue des dirigeants. Selon Philippe Valentin, certains chefs d’entreprise s’interrogent désormais sur leur capacité à traverser les prochains mois. Le Président de la CCI évoque également un phénomène d’attentisme qui freine les décisions d’investissement. Cette prudence intervient dans un contexte national marqué par les incertitudes économiques et politiques de la rentrée.
Le diagnostic est également relayé par Gilles Courteix, Président du Medef Lyon-Rhône, qui décrit une rentrée particulièrement morose pour les chefs d’entreprise. Même les sociétés disposant encore de trésorerie seraient devenues plus prudentes dans leurs investissements. Les délais de paiement constituent par ailleurs une source supplémentaire de tension, certains allongements pouvant fragiliser des entreprises jusqu’à provoquer des dépôts de bilan, selon le représentant patronal.
Cette inquiétude intervient alors que les acteurs économiques lyonnais avaient déjà cherché à faire entendre leurs priorités auprès des responsables publics. En janvier, la CCI Lyon Métropole Saint-Etienne Roanne, le Medef Lyon-Rhône, la CPME du Rhône, l’U2P Lyon-Rhône ainsi que les autres chambres consulaires du territoire avaient organisé ensemble l’événement «Des Vœux, des Actes». Plus de 3 000 participants avaient pris part à cette initiative destinée à porter une parole commune du monde économique local.
La démarche avait notamment abouti à un manifeste présentant les priorités des entrepreneurs et entrepreneuses de Lyon et du Rhône pour la période 2026-2032. Les organisations patronales et consulaires y défendaient notamment le dynamisme de l’économie de proximité, une meilleure prise en compte des entreprises dans les politiques publiques locales et le renforcement de l’attractivité du territoire. La CCI avait présenté cette initiative comme une volonté de créer un dialogue plus structuré entre acteurs économiques et décideurs publics.
Les préoccupations exprimées à Lyon rejoignent par ailleurs plusieurs tendances observées à l’échelle nationale. Dans sa Grande Consultation des Entrepreneurs de janvier 2026, CCI France relevait que les dirigeants plaçaient la fiscalité et la simplification administrative parmi leurs principales attentes à l’égard des pouvoirs publics. À l’échelle locale, ils citaient également la dynamisation des centres-villes, la simplification des démarches et l’amélioration des conditions de déplacement comme des priorités importantes.
Pour la CCI Lyon Métropole Saint-Etienne Roanne, l’enjeu consiste désormais à maintenir l’accompagnement des entreprises tout en faisant remonter leurs difficultés auprès des collectivités. La Chambre revendique notamment un rôle de représentation des entreprises dans les politiques publiques territoriales et intervient sur des sujets tels que l’industrie, le commerce, l’innovation, la mobilité ou encore l’attractivité économique. Dans un contexte de rentrée jugée difficile par les représentants patronaux, cette fonction de relais entre entreprises et pouvoirs publics prend une importance particulière.


























