Le Venezuela et le Suriname veulent donner une nouvelle impulsion à leurs relations économiques. Le 11 septembre à Paramaribo, les présidentes Delcy Rodríguez et Jennifer Geerlings-Simons ont signé une déclaration conjointe destinée à renforcer le commerce, l’investissement et la coopération dans plusieurs secteurs stratégiques. Cette nouvelle étape intervient alors que les deux pays cherchent à développer davantage leurs échanges directs.

La déclaration conjointe constitue l’un des principaux résultats de la visite officielle de Delcy Rodríguez au Suriname. Les deux gouvernements y réaffirment leur volonté de construire une relation économique davantage fondée sur la complémentarité. Jennifer Geerlings-Simons a notamment insisté sur la nécessité de privilégier le commerce, l’investissement et les formes concrètes de coopération économique, avec pour objectif de transformer les accords politiques en résultats tangibles.

Les discussions ont porté sur plusieurs secteurs considérés comme prioritaires pour les deux économies. L’énergie, les hydrocarbures, l’agriculture, la pêche, le tourisme ainsi que les transports maritimes et aériens figurent parmi les domaines identifiés. Les deux pays souhaitent notamment développer des échanges agroalimentaires, alors que le Venezuela entend renforcer son offre à destination du marché surinamais, notamment pour contribuer à l’approvisionnement du secteur avicole.

L’énergie occupe également une place importante dans cette nouvelle coopération. Des accords ont été conclus autour de la formation technique, du transfert de connaissances et de la recherche dans le secteur des hydrocarbures. Pour le Suriname, qui cherche à développer ses capacités dans le pétrole et le gaz, l’expérience vénézuélienne constitue un axe potentiel de coopération technique. Des programmes de formation et d’échange académique doivent également accompagner ces initiatives.

La connectivité constitue un autre volet de la stratégie. Les deux gouvernements ont conclu un accord portant sur la «cinquième liberté de l’air», qui doit faciliter l’ouverture de nouvelles possibilités pour le transport aérien de passagers et de marchandises. Le transport maritime fait également partie des discussions, avec l’objectif affiché de créer des conditions plus favorables au développement du commerce bilatéral et du tourisme.

Cette volonté de rapprocher les entreprises intervient alors que les relations entre Caracas et Paramaribo atteignent un nouveau stade. Les deux pays ont célébré cette année cinquante ans de relations bilatérales et souhaitent désormais renforcer leur complémentarité productive. Une Commission mixte de haut niveau doit notamment permettre d’assurer le suivi des engagements pris et de poursuivre les discussions sur les échanges commerciaux.

Côté économique, la Chambre de Commerce et d’Industrie du Suriname (KKF) constitue un interlocuteur important pour les entreprises souhaitant accéder au marché surinamais. Elle tient notamment le registre commercial du pays et fournit des informations et ressources aux entreprises. Son rôle pourrait donc devenir particulièrement important à mesure que les deux gouvernements cherchent à développer les échanges directs et les investissements privés.

Pour Paramaribo et Caracas, l’enjeu est désormais de transformer cette nouvelle feuille de route en opérations concrètes. La signature de deux accords, de quatre accords d’intention, de trois cadres de coopération et de la déclaration conjointe fournit une première architecture institutionnelle. Les deux gouvernements devront maintenant assurer le suivi de ces engagements afin que le rapprochement dans l’énergie, l’agroalimentaire, les transports et le tourisme débouche sur davantage d’échanges commerciaux et de projets d’investissement.

Article précédentIvalua : Dépenses directes et indirectes, quelles différences et quelles stratégies Achats ?