Le projet Lyon-Turin fait figure de vieille arlésienne, car si relier la capitale des Gaules à la capitale du Piémont représente un bel intérêt économique et politique, il n’a pas toujours été facile pour les différents protagonistes de se mettre d’accord sur la manière de faire les choses. Néanmoins l’Europe semble bien partie pour débloquer le projet, quitte à augmenter sa participation financière s’il le faut.

Les élections européennes de mai dernier ont vu la victoire des forces italiennes soutenant le projet dans le nord du pays remporter 85% des suffrages et cette victoire écrasante est de bon augure pour enfin permettre de débloquer le projet qui était empêtré depuis plusieurs mois suites à des désaccords politiques des différents partis. Le Confindustria Piémont (sorte de Medef local) s’est réjouit par la voix de son président à l’Assemblée Générale de la Transalpine à Lyon. Et c’est devant ce comité qu’une responsable de la Commission européenne a annoncé la volonté de l’Union de faire de sérieux efforts pour débloquer le projet.

Le tunnel reliant Lyon à Turin devait être financé dans un premier temps à 40% par l’Europe, l’aide est passé à 50% l’an dernier et c’est à la surprise de tous que Iveta Radicova a annoncé une hausse de 5% supplémentaires de financement pour le tunnel. Et ce geste est justement une aubaine pour les italiens qui doivent débourser une part plus importante que les français pour le percement du tunnel, soit 3 milliards pour la Botte contre 2 pour l’Hexagone. La cause de ce partage est de rééquilibrer le financement des accès aux tunnels qui est à hauteur de 200 km en France, contre 60 km en Italie.

La participation de l’Union européenne est indispensable pour débloquer la situation

L’autre message porté par Iveta Radicova a été de parler de l’éligibilité du projet au Mécanisme d’Interconnexion Européen au vu de l’importance que représente ce chantier pour la région. Avec cette nouvelle donne cela faciliterait les choses et sortirait les différents gouvernements de l’immobilisme dû au coût du projet estimé à plus de 20 milliards d’euros.

Iveta Radicova a rappelé l’importance de débloquer le dossier : «Nous serions appauvris, affaiblis en arrêtant ce projet. On ne le fait pas pour relier deux pays mais pour connecter les citoyens des 26 Etats membres» éjectant de facto le Royaume-Uni.

«C’est à ce titre que l’UE est prête non plus à financer la moitié du tunnel mais la moitié de la ligne de Lyon jusqu’à Turin. C’est un coup de théâtre» s’est félicité Stéphane Guggino, délégué général de la Transalpine, propos nuancé par Iveta Radicova : «À condition que les Etats le demandent, c’est oui, oui, et oui».

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