La Réduction Générale Dégressive Unique (RGDU) constitue l’un des principaux changements à venir en matière d’allègements de charges patronales. Depuis le 1er janvier 2026, cette réforme transforme en profondeur les dispositifs actuels de réduction de cotisations, avec un objectif affiché, de simplification et d’unification.
 
«Pour les entreprises, cette évolution a des impacts directs sur le calcul des charges sociales et de ses allègements, sur le paramétrage des logiciels de paie, ainsi que sur les prévisions budgétaires liées à la masse salariale», nous indique Jérémy Courtial, expert conseil chez Leyton.
 
Tour d’horizon des éléments clés à comprendre dès maintenant.

RGDU 2026 : une réforme majeure des exonérations patronales

Depuis le 1er janvier 2026, le paysage des allègements généraux de cotisations patronales évolue avec la mise en place d’un mécanisme unique : la Réduction Générale Dégressive Unique.

Ce nouveau dispositif résulte de la fusion entre :
• La réduction générale actuelle (souvent appelée réduction Fillon ou RGCP)
• Le taux réduits appliqués sur la cotisation d’assurance maladie
• Le taux réduit sur la cotisation d’allocations familiales

Pour Jérémy Courtial, «l’ambition de cette réforme est double : rendre le système plus lisible pour les employeurs et limiter la superposition de règles qui complexifiaient jusqu’ici le calcul des charges».

Cadre légal : d’où vient la RGDU ?

La RGDU s’inscrit dans la continuité des mesures portées par la loi de financement de la sécurité sociale adoptée en 2025. Un décret publié en septembre 2025 est venu préciser les modalités techniques du nouveau calcul.

Cette réforme répond notamment à plusieurs enjeux en lien avec le financement de la Sécurité Sociale :
• Réduire le coût global des exonérations pour les finances publiques
• Supprimer certains effets de seuil qui pouvaient freiner l’évolution des rémunérations proches du SMIC

Cotisations patronales : rappel des règles en vigueur jusqu’en 2025

Jusqu’à la fin de l’année 2025, les employeurs peuvent bénéficier d’une réduction de cotisations patronales (RGCP) sur les rémunérations proches du SMIC.
Ce mécanisme est dégressif : plus le salaire augmente, plus l’allègement diminue, jusqu’à disparaître au-delà d’un certain seuil (1,6 SMIC).

En parallèle, les entreprises profitent également de taux minorés sur :
• L’assurance maladie pour les rémunérations inférieures à 2,25 SMIC
• Les allocations familiales pour les rémunérations inférieures à 3,3 SMIC

Ce qui rend, comme l’observe Jérémy Courtial «le système globalement plus technique à piloter, avec des modalités de calcul et des seuils d’éligibilité propres à chaque dispositif».

Ce qui disparaît en 2026 : fin des taux réduits et des dispositifs multiples

Le passage à la RGDU marque une rupture importante. Plusieurs mécanismes actuels seront supprimés ou absorbés dans ce dispositif unique.

Suppression des taux réduits sur l’assurance maladie et les allocations familiales

Les taux spécifiques appliqués aujourd’hui sur certaines cotisations ne seront plus en vigueur à compter de 2026.
Ils seront directement intégrés dans la nouvelle réduction unique, à l’exception de quelques situations particulières liées à des allègements de charges patronales spécifiques (zones prioritaires, LODEOM, apprentis, aides à domicile…).

Remplacement de la réduction Fillon / RGCP

Jérémy Courtial nuance en effet «la réduction générale actuelle ne disparaît pas totalement, mais elle est profondément remodelée pour devenir un mécanisme unique, standardisé et plus étendu».

RGDU au 1er janvier 2026 : les principaux changements

La réforme introduit plusieurs évolutions structurantes pour les employeurs.

1. Un dispositif unique regroupant l’ensemble des allègements

La RGDU remplace l’ensemble des dispositifs actuels en créant un seul cadre de réduction applicable aux cotisations patronales concernées.
L’objectif est de réduire la fragmentation des règles et de faciliter la compréhension du montant réel des exonérations.

2. Un plafond d’éligibilité élargi jusqu’à 3 SMIC

Pour l’expert conseil de Leyton, «c’est l’un des changements majeurs de ce dispositif : la réduction ne s’arrête plus à 1,6 SMIC comme aujourd’hui».
Désormais, la RGDU s’appliquera sur les rémunérations inférieures à 3 SMIC. Au-delà, aucun allègement ne sera possible.
Cette extension ouvre donc le dispositif à une population plus large de salariés.

3. Une formule de calcul révisée et plus technique

Le calcul de la réduction évolue, notamment avec l’introduction d’un exposant qui atténue la dégressivité.

Le coefficient dépendra toujours :
• Du SMIC annuel en vigueur
• De la rémunération brute annuelle
• De certains éléments et événements de paie (primes, absences, etc.)

Cela implique un paramétrage rigoureux des outils de paie.

4. Mise en place d’un seuil minimal de réduction

Autre nouveauté : la réforme prévoit un plancher d’exonération fixé à 2%.
Concrètement, tant que la rémunération reste sous 3 SMIC, l’entreprise conservera un avantage minimal, même lorsque la dégressivité approche de son terme.

Quels employeurs seront concernés par la RGDU ?

Les mêmes employeurs qui étaient concernés par le cumul RGCP + taux réduits.
Le changement se situe dans les montants d’allégements en fonction des niveaux de rémunération moyens au sein des entreprises.
Pour les bas salaires, l’allègement maximal restera significatif, pouvant représenter environ 40% de réduction de cotisations patronales.

Mise à jour des logiciels de paie

L’entrée en vigueur de la RGDU implique une adaptation technique importante.
Les éditeurs devront intégrer la nouvelle formule, les paramètres actualisés, ainsi que les éléments entrant désormais dans l’assiette de calcul.
Sans mise à jour, le risque d’erreurs sur les bulletins et les charges déclarées est élevé.

Adaptation des déclarations sociales (DSN)

Les entreprises devront également s’assurer que la réduction est correctement reportée dans la DSN, avec une ventilation conforme entre les organismes de recouvrement (URSSAF, caisses de retraite…).

RGDU et exonérations spécifiques : quelles compatibilités ?

Certaines exonérations particulières resteront distinctes de la RGDU, notamment dans le cadre :
• De dispositifs ultramarins (LODEOM)
• D’exonérations territoriales (ZFRR, BER, etc.)
• Des exonérations «aide à domicile»
• Des exonérations «jeunes entreprises innovantes»

La réforme clarifie donc les périmètres en séparant plus nettement réduction générale et exonérations ciblées.

Quels impacts concrets anticiper dès maintenant ?

La mise en œuvre de la RGDU va nécessiter une préparation opérationnelle.

Les entreprises devront notamment :
• Revoir leurs outils de simulation budgétaire,
• Anticiper les effets sur les primes et heures supplémentaires,
• Sécuriser le paramétrage paie pour janvier 2026.

Jérémy Courtial résume ainsi que, «si la réforme simplifie le paysage des allègements, elle introduit aussi une technicité accrue dans le calcul et un besoin de mise à jour fort des outils paie, rh et sirh».

L’élargissement du plafond à 3 SMIC peut créer de nouvelles opportunités d’optimisation, mais également des effets de seuil sur certaines grilles salariales.

Selon l’expert conseil, «pour les entreprises, l’enjeu est double :
• Sécuriser la conformité déclarative dès janvier 2026,
• Anticiper les impacts budgétaires sur les rémunérations intermédiaires».

Une analyse 360° avec un focus RGDU remplira pleinement ces objectifs avec l’accompagnement de consultants experts et l’appui d’outils opérationnels et mis à jour.

Pour en savoir plus, rendez-vous sur : LEYTON

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