Le gouvernement espagnol met le cap sur le soutien aux PME à l’export

219
20120423132257.icex-next
Les synergies entre institutions sont renforcées, tout comme le soutien financier.

 

Face à un marché intérieur atone depuis plusieurs années, les entreprises cherchent leur avenir à l’export. Question de survie et de développement. Le Secrétariat d’Etat au Commerce l’a bien compris. Il met l’accent sur les Pme dans un pays où 8 % des entreprises accaparent 68 % des exportations de biens. Depuis l’arrivée du nouveau gouvernement du Parti Populaire en décembre 2011, les programmes à l’export et le soutien financier sont renforcés pour les PME.

           

Depuis le mois de mars 2012, l’Institut espagnol de commerce extérieur (ICEX) a lancé le nouveau plan ICEX Next pour consolider les PME dans leur chemin vers l’exportation. « C’est l’héritier du programme Pipe, lancé en 1997, qui se chargeait déjà de conseiller les entreprises. Icex Next approfondit en fait ce travail et se spécialise », explique Isaac Martín Barbero, directeur général de l’internationalisation de l’entreprise. L’Icex met à disposition des PME, par exemple, des spécialistes pour les départements des entreprises impliqués. Des consultants sont également proposés dans les pays d’export. Le Chili, la Colombie, l’Equateur sont les premiers pays concernés. « Nous nous sommes rendus compte qu’initier une Pme à l’export est important, mais que la consolider sur ses marchés d’exportation l’est aussi », assure Isaac Martín Barbedo.

 

           

L’Icex chercher non seulement à élargir la base exportatrice de l’Espagne, mais aussi à augmenter la valeur ajoutée des exportations tout en diversifiant géographiquement les marchés. L’Inde, la Chine, la Russie, les Etats-Unis et l’Amérique Latine font partie des objectifs. Des 120,000 entreprises espagnoles qui exportent des biens, 40,000 le font de manière régulière depuis quatre ans. « Avec le programme antérieur Pipe, qui concernait des PME dont 30 % au moins des ventes totales concernaient des exportations, nous sommes parvenus à ce que 3 entreprises sur 4 du programme Pipe continuent à exporter régulièrement », précise Isaac Martín Barbero. Entre 2007 et 2011, près de 8500 entreprises sont passées par Pipe. D’ici la fin 2013, Icex vise un objectif de 800 sociétés pour son programme Icex Next. Mais l’Institut ne supportera pas tout le coût. Pour chaque PME, 25,000 euros sont alloués, dont la moitié sera prise en charge par l’Icex et l’autre par l’entreprise.

           

Les aides financières à l’exportation ont été revues à la hausse. Cofides, société mercantile à laquelle participent trois institutions publiques (Icex, l’Institut de Crédit Officiel et l’Entreprise nationale d’Innovation) et trois banques privées espagnoles, se charge de soutenir les entreprises dans leur développement à l’étranger. 45 millions d’euros supplémentaires ont été accordés aux deux fonds que manie entre autres Cofides, FIEX et FONPYME, dotés au total du coup de 800 millions d’euros, alors qu’entre 2008 et 2011, ils n’avait bénéficié d’aucune dotation supplémentaire. Au total, entre 2012 et 2015, Cofides compte disposer de 1,5 milliards d’euros au total. « D’ici 2015, nous voulons doubler notre soutien aux PME », lance Salvador Marín, président de Cofides. Pour cela, plusieurs lignes d’action sont lancées.

           

Cofides et l’Icex ont mis en place le programme PYME-INVIERTE. Celui-ci étant doté de 50 millions d’euros, Cofides calcule que 80 % de l’investissement pour l’internationalisation de ces entreprises sera assuré. « Une fois que l’Icex conseille les PME, ils nous passent le dossier de manière beaucoup plus fluide », explique Salvador Marín. « La PME veut ne pas perdre de temps. Le Secrétariat d’Etat au commerce veut absolument dépasser l’inertie de chaque institution, d’où cette collaboration qui ressemble à une fenêtre unique », renchérit Isaac Barbero. Cofides revoit aussi à la baisse les conditions d’accès au financement, faisant passer de 250,000 euros à 75,000 euros le montant minimum d’une opération. « Cela permettra de ne laisser aucune PME compétitive en dehors du processus », estime Salvador Marín. Cofides s’investit enfin dans les secteurs porteurs. Une ligne de crédit, Fining, vient d’être lancée pour financer à court et à moyen terme les projets d’exports dans le secteur de l’ingénierie. « Nous nous préoccupons toujours des PME. Lorsqu’une grande entreprise cherche notre soutien, nous leur demandons combien de petites entreprises ils pourront entrainer dans leur projet », ajoute le président. 

           

Si la stratégie générale est posée, les institutions savent qu’elles doivent faire plus ou mieux avec moins. Le budget de l’Icex a par exemple diminué de 40 % depuis 2009. « Le changement de concept réside dans l’augmentation du conseil, de l’accompagnement aux entreprises pour qu’elles puissent se débrouiller seul ensuite. Mais elles doivent réaliser une réflexion sur l’internationalisation. Elles ne doivent pas s’y lancer seulement parce que le marché espagnol est atone. Elles doivent franchir le pas parce qu’elles comprennent que l’internationalisation est nécessaire, c’est un défi à long terme », conclut Isaac Martín Barbero. Les acteurs du secteur se sentent en tout cas portés par la progression des exportations sur les 11 premiers mois de 2012 : + 3,7 %.