La capture du Président vénézuélien Nicolás Maduro par les forces américaines le 3 janvier 2026 crée une forte incertitude sur les échanges commerciaux entre la Colombie et le Venezuela. La Chambre de Commerce colombo-américaine (AmCham), principale organisation représentant les entreprises colombiennes, estime que le secteur privé doit rester prudent face à un possible ralentissement des échanges bilatéraux jusqu’à ce que la situation politique se stabilise.

L’arrestation de Maduro lors d’une opération menée par les États-Unis a déclenché une onde de choc en Amérique latine et a immédiatement affecté les perceptions des acteurs économiques. Si les opérations frontalières et le commerce de proximité n’ont pas encore été interrompus, les entreprises anticipent une période de transition incertaine qui pourrait peser sur les échanges.

María Claudia Lacouture, Présidente d’AmCham Colombia, a insisté sur la nécessité de prudence. Selon elle, un «refroidissement temporaire» de l’activité commerciale est probable tant que les conditions politiques et juridiques au Venezuela ne seront pas clarifiées. Elle a également appelé à assurer un environnement prédictible pour les entreprises souhaitant opérer de part et d’autre de la frontière.

Avant cette crise, le commerce bilatéral avait connu une phase de reprise significative. En 2024, les exportations colombiennes vers le Venezuela avaient progressé de manière notable, atteignant un niveau d’environ 885,5 millions de dollars, soit une croissance de près de 47% par rapport à l’année précédente et approchant l’objectif du milliard de dollars espéré par Bogota. D’autres estimations indiquent que l’ensemble du commerce bilatéral avait dépassé 1,13 milliard de dollars en 2024, fruit de la progression des échanges sur plusieurs segments.

Sur le terrain, le trafic à la frontière continue à circuler, sans interruption majeure à ce stade, malgré une forte présence militaire et des conditions de sécurité renforcées. Certains commerçants et travailleurs frontaliers rapportent une activité commerciale encore fonctionnelle mais plus prudente.

Les principaux produits échangés entre les deux pays comprennent des denrées alimentaires, des produits industriels légers, des matières plastiques, ainsi que des biens intermédiaires destinés aux chaînes de production. Une perturbation durable de ces flux pourrait affecter des segments économiques locaux et régionaux, en particulier dans les zones frontalières.

Malgré la situation politique instable, plusieurs voix du secteur privé colombien appellent au maintien du dialogue institutionnel et à la conservation des mécanismes économiques existants. Elles soulignent qu’un arrêt brutal des échanges pourrait avoir des conséquences négatives non seulement pour les entreprises mais aussi pour les populations vivant des deux côtés de la frontière.

Alors que les acteurs économiques attendent d’en savoir plus sur l’issue politique du Venezuela, l’incertitude demeure la principale contrainte pour les investisseurs et les exportateurs. La priorité pour beaucoup reste d’obtenir des signaux de stabilité et de prévisibilité juridique avant d’envisager des nouveaux engagements commerciaux ou des expansions de leurs opérations.

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