
La Chambre de Commerce et d’Industrie indo-française (IFCCI) a tenu le 29 septembre à Mumbai sa 49e Assemblée générale annuelle, réunissant plus de 400 dirigeants, responsables publics et représentants diplomatiques. Placée sous le thème «Driving Innovation for Global Impact», la rencontre a mis en avant l’évolution des relations économiques entre la France et l’Inde, avec une attention particulière portée à l’innovation, aux technologies et au développement des Global Capability Centers (GCC).
Organisée au St. Regis de Mumbai en présence de Philippe Baptiste, ministre français de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Espace, et de Thierry Mathou, ambassadeur de France en Inde, l’Assemblée générale a permis de dresser un état des lieux de la coopération économique bilatérale. Pour l’IFCCI, cette relation repose désormais sur un éventail de secteurs de plus en plus large, allant de l’industrie et de l’énergie aux technologies et aux services.
L’innovation s’est imposée comme le principal fil conducteur de cette 49e édition. Philippe Baptiste a notamment souligné plusieurs avancées récentes, dont l’inauguration du Centre indo-français pour l’intelligence artificielle appliquée à la santé à l’AIIMS de New Delhi et le développement de nouvelles collaborations entre l’Université Paris-Saclay et l’IIT Bombay. Ces initiatives illustrent la volonté des deux pays de rapprocher recherche, enseignement supérieur et entreprises afin de développer des capacités technologiques communes.
Cette dynamique dépasse désormais les seuls échanges commerciaux traditionnels. Thierry Mathou a souligné la montée en puissance d’une coopération fondée sur le «co-développement», avec des entreprises françaises et indiennes travaillant ensemble à la conception de produits, de technologies et de solutions. L’industrie manufacturière avancée, l’énergie, les services et les technologies constituent notamment des domaines dans lesquels les partenariats entre les deux économies se développent.
Les Global Capability Centers ont constitué l’un des principaux sujets de discussion de l’Assemblée générale. Ces centres, implantés en Inde par de grands groupes internationaux pour leurs activités de recherche, de technologie, d’ingénierie ou de services, évoluent progressivement au-delà de leur fonction initiale de centres de services. Les entreprises françaises les utilisent de plus en plus comme des plateformes de développement de produits, de recherche et d’innovation à vocation mondiale.
Une table ronde réunissant notamment des représentants d’ALTEN, AXA Global Business Services, Capgemini, Renault et Sanofi a ainsi examiné le rôle des GCC dans la transformation de la relation économique franco-indienne. Pour ces groupes, l’Inde ne constitue plus seulement une base destinée à fournir des services à leurs activités internationales, mais devient un véritable pôle de création de technologies, de développement de produits et d’innovation. Cette évolution renforce la place de l’Inde dans les stratégies internationales des entreprises françaises.
La rencontre a également abordé les mutations de l’environnement économique mondial. Une première table ronde, consacrée aux opportunités liées à l’innovation dans un contexte international en évolution, a réuni des représentants de BNP Paribas, Dassault Systèmes, JM Financial, Saint-Gobain et TotalEnergies. Les échanges ont notamment porté sur la manière dont les entreprises peuvent adapter leurs stratégies dans les secteurs de la finance, des technologies, de l’industrie et de l’énergie.
Avec plus de 800 entreprises membres, l’IFCCI entend poursuivre son rôle de plateforme entre les entreprises françaises et indiennes. La Chambre dispose de six bureaux en Inde, à Mumbai, New Delhi, Chennai, Bangalore, Hyderabad et Pune, ainsi que d’un bureau à Paris. À l’approche de son 50e anniversaire, elle souhaite notamment accompagner ses membres dans la transformation des nouvelles opportunités commerciales et industrielles en projets concrets.
Cette orientation intervient alors que les relations économiques entre la France et l’Inde entrent dans une nouvelle phase. Pour l’IFCCI, l’enjeu est désormais de favoriser une coopération davantage tournée vers l’innovation, l’investissement et la création de valeur commune. Le développement des GCC, les partenariats technologiques et les collaborations dans l’industrie, l’énergie ou la santé pourraient ainsi devenir des moteurs majeurs de la prochaine étape du partenariat économique franco-indien.









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