Élu Président Hauts-de-France en décembre 2016, Philippe Hourdain met immédiatement en œuvre le mariage de sa CCI avec la Picardie, en fusionnant les Chambres Oise, Lille et Amiens-Picardie. Il les fait passer en Chambres locales, alors qu’elles auraient préféré rester territoriales. Ça se passe très mal. La CCI Oise saisit le tribunal administratif en référé en novembre 2017 mais est déboutée. La fusion est votée. «La réaction a été très agressive, trop agressive», regrettera M. Hourdain chez nos confrères de La Voix du Nord. Mais a-t-il vraiment conscience des fractures ainsi ouvertes ? Trois ans après, la couleuvre n’est toujours pas avalée.

«Ça a été chaud, confirme Philippe Enjolras, Président de la CCI Oise que nous avons interviewé. On ne peut pas avoir été si loin sans que ça laisse des traces.» Il regrette d’avoir perdu la cogestion de l’aéroport de Lille-Lesquin. Et critique une gouvernance trop centralisée. «On est consultés parce qu’on doit l’être juridiquement. Mais on arrive à des réunions où tout est déjà bouclé.» M. Enjolras constate que les savoir-faire de son territoire ne sont pas mis en valeur. «À Lille, ils connaissent mal la formation initiale, on est plus performants et imaginatifs qu’eux avec un CFA carrosserie peinture reconnu par exemple. Mais on ne nous écoute pas

Autre grief : des appels d’offre trop centralisés. «Quand il y a une commande de voitures et que c’est une structure lilloise qui l’emporte au détriment de gens avec qui on travaille… Nous, on cherche toujours le meilleur prix. Ça ne marche pas dans l’autre sens. Les entreprises de l’Oise ne peuvent pas aller sur la totalité des Hauts de France. Mais on arrive en période électorale, donc ça va sûrement changer, si vous voyez ce que je veux dire…»

En janvier 2020, Philippe Hourdain commentait ainsi sa candidature aux municipales dans La Voix du Nord : «J’aurai plus de mal à être élu à Santes qu’à être réélu à la CCI.» Quand on demande à M. Enjolras s’il choisira le cheval Hourdain en 2022, il est moins optimiste : «Ce sera peut-être moi le cheval… Je plaisante.»

À suivre.

Par Stéphane Larue, pour Actualités-CCI.com