Avec la loi finance 2018, où les budgets des chambres ont été (encore) drastiquement réduits suite à la baisse d’imposition sur les sociétés, les CCI sont en grande difficulté, certaines se sentent même condamnées.

Avec les problèmes qui s’accumulent, les hommes et femmes à la tête des chambres tirent depuis des mois la sonnette d’alarme. Suite à l’adoption du projet de loi finance 2018, c’est près de 150 millions d’euros de budget qui vont disparaitre par rapport à 2017. Les dotations pour les chambres ont, elles, chuté de moitié depuis 2012.

Ces coupes vont entrainer jusqu’à 2000 suppressions de postes selon les CCI

Les CCI n’ont «pas su faire les choix qui s’imposaient au bon moment» selon leurs détracteurs, et il y a peut-être un fond de vérité dans cette affirmation en voyant certaines chambres qui n’ont évolué que trop lentement dans certains domaines stratégiques. Notamment dans le cas des nouvelles technologies où les procédures ont pu accuser un temps de retard pour rester efficaces. L’«ubérisation» du marché a aussi été mal appréhendé par les chambres et même tous les pouvoirs publics. Ou encore en se maintenant dans des locaux trop onéreux, les obligeant aujourd’hui à vendre parfois leur siège pour renflouer les caisses. Sur le plan national 2000 emplois risquent de disparaitre suite au dernier budget voté.

L’image des CCI a aussi été égratignée par des luttes d’influence pour prendre la tête des chambres (notamment l’année dernière à la CCI Gard) et a pu engendrer une certaine défiance à leur encontre. Est-ce que ça justifie pour autant que de telles frasques puissent desservir les CCI au point d’en condamner certaines et de mettre du personnel à la porte ?

La diminution des impôts pour les entreprises est séduisante à bien des égards pour relancer l’économie, mais pourrait asséner un coup de grâce à des chambres bien mal en point, et ce n’est pas avec des dépenses incontrôlées de l’autre côté que les comptes publics vont forcément s’équilibrer malgré de telles coupes budgétaires. Il reste la solution d’une fusion avec les CMA qui a déjà été évoqué et pourraient sauver les chambres du naufrage, mais Bruno Le Maire a écarté cette perspective au prétexte de l’artisanat et de la dimension individuelle qui en émane. Et pourtant de nos jours de nombreuses entreprises artisanales ont une forme sociétaire.

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