
Les échanges commerciaux entre le Nigeria et la France ont atteint 4,7 milliards de dollars en 2025, sur fond d’investissements croissants dans plusieurs secteurs stratégiques. À l’occasion de la French Week à Lagos, la Chambre de Commerce franco-nigériane (FNCCI) entend renforcer les relations entre entreprises et transformer cette dynamique en nouveaux projets commerciaux et industriels.
Les relations économiques entre le Nigeria et la France poursuivent leur développement. Selon le consul général de France à Lagos, Laurent Favier, les échanges bilatéraux ont atteint 4,7 milliards de dollars en 2025, faisant du Nigeria le premier partenaire commercial de la France en Afrique subsaharienne. Plus de 100 entreprises françaises sont présentes dans le pays, dans des secteurs aussi variés que l’énergie, l’agriculture, les transports, la logistique, les infrastructures, l’assurance et l’hôtellerie. Le stock d’investissements directs français au Nigeria s’élevait à 8,1 milliards d’euros en 2025.
La Chambre de Commerce franco-nigériane (FNCCI) souhaite s’appuyer sur cette présence pour approfondir les échanges et attirer de nouveaux investissements. Présidée par Guillaume Niarfeix, elle organise la French Week, qui se déroule à Lagos du 29 octobre au 6 novembre 2026. Présentée comme un rendez-vous majeur de réseautage entre dirigeants d’entreprise, cette semaine rassemble des acteurs économiques autour de rencontres professionnelles et d’opportunités de coopération. L’objectif est de faire évoluer les discussions bilatérales vers des partenariats commerciaux et des projets d’investissement.
La Chambre joue un rôle concret de mise en relation et d’accompagnement des entreprises. Elle facilite les contacts entre investisseurs français et sociétés nigérianes, identifie des opportunités sectorielles et soutient les entreprises souhaitant accéder au marché français. Cette démarche s’est notamment traduite par une mission économique à Paris organisée plus tôt en 2026, dans le cadre d’un programme de formation et de rencontres destiné à rapprocher les dirigeants nigérians des investisseurs, institutions et décideurs français.
L’énergie reste l’un des principaux moteurs de cette coopération. La FNCCI cite notamment la décision finale d’investissement prise en 2024 par TotalEnergies et la Nigerian National Petroleum Company pour le développement du champ gazier d’Ubeta, appelé à fournir du gaz au projet Nigeria LNG Train 7. Le projet IMA constitue également un exemple d’investissements récents dans le secteur. Les entreprises françaises sont aussi présentes dans les infrastructures de transport et de logistique, notamment à travers le port en eau profonde de Lekki, où CMA CGM doit exploiter le terminal à conteneurs.
D’autres projets illustrent la diversification des investissements. À Lagos, le programme Omi Eko, soutenu par la France via l’Agence française de développement, l’Union européenne et la Banque européenne d’investissement, prévoit le développement du transport fluvial avec 75 ferries électriques, 25 terminaux modernisés et 15 lignes couvrant 140 kilomètres de voies navigables. Dans l’agro-industrie, les deux pays ont également créé le Franco-Nigerian Agri-Business Club afin de favoriser les partenariats dans la mécanisation agricole, la transformation des produits et la réduction des pertes après récolte.
La coopération s’étend aussi aux services, à l’hôtellerie et aux technologies. Le groupe Accor poursuit son développement au Nigeria, tandis que Canal+ a renforcé sa présence dans le secteur audiovisuel à travers sa stratégie autour de MultiChoice. Des entreprises nigérianes développent également leurs activités en France, notamment dans l’agro-industrie et les services financiers. La FNCCI cherche ainsi à soutenir une relation plus équilibrée, en facilitant non seulement les investissements français au Nigeria, mais aussi l’accès des entreprises nigérianes au marché français et européen.
Pour la Chambre, l’enjeu est désormais de consolider cette dynamique en améliorant les contacts entre entreprises et en accompagnant la concrétisation des projets. Les réformes engagées par les autorités nigérianes et les initiatives de coopération bilatérale offrent des perspectives, mais les investissements restent tributaires des conditions opérationnelles, des infrastructures et de la prévisibilité du cadre économique. À travers la French Week et ses actions tout au long de l’année, la FNCCI entend contribuer à transformer les relations commerciales entre les deux pays en partenariats durables, en emplois et en capacités productives locales.

















