
L’Union européenne a officiellement signé un accord de libre-échange avec le Mercosur (marché commun sud-américain) le 19 janvier 2026, ouvrant la voie à une zone de commerce couvrant plus de 700 millions de personnes. Cet accord a été conclu malgré une opposition virulente des agriculteurs européens craignant une pression accrue des importations agricoles sud-américaines sur leurs marchés.
Le nouvel accord vise à éliminer les droits de douane sur plus de 90 % des biens échangés entre l’Union européenne et le Mercosur, tout en établissant des règles communes pour les échanges industriels, agricoles, la coopération réglementaire et la promotion des investissements. Il constitue une zone commerciale parmi les plus vastes au monde, représentant près d’un quart du produit intérieur brut mondial.
Malgré ce potentiel de création de richesse, l’accord n’a pas fait l’unanimité. En France, des manifestations agricoles ont rassemblé des centaines de tracteurs dans Paris, dénonçant une concurrence qu’ils jugent déloyale face à l’arrivée possible de produits importés moins coûteux. Les agriculteurs espagnols et polonais ont également exprimé leurs inquiétudes quant à la sécurité alimentaire et la viabilité des exploitations locales.
Selon des experts interrogés, une baisse des tarifs douaniers pourrait accroître la présence de produits comme la viande, le sucre, le soja et le miel sud-américains sur le marché européen. Cette diversification des sources d’approvisionnement pourrait avoir des effets positifs sur le pouvoir d’achat des consommateurs, mais aussi intensifier la concurrence pour les producteurs agricoles européens dont les marges sont déjà sous pression.
Les décideurs de l’Union, y compris la Présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen, ont défendu l’accord comme un moyen de « diversifier le commerce » et de renforcer les liens économiques avec des partenaires mondiaux, tout en soutenant que l’Union apportera un accès élargi à des produits industriels européens, tels que les machines, les véhicules et le vin, sur les marchés du Mercosur.
L’accord signé doit encore être ratifié par le Parlement européen avant d’entrer pleinement en vigueur. Un vote a été programmé pour les mois à venir, et certains députés pourraient renvoyer le texte devant la Cour de justice de l’Union européenne, ce qui risquerait de retarder encore le calendrier de mise en application d’environ dix-huit mois.
Les organisations agricoles européennes comme Copa-Cogeca ont qualifié l’accord de déséquilibré et déplorent que les mécanismes de protection des secteurs sensibles ne soient pas suffisants pour absorber l’impact des importations sud-américaines. Les agriculteurs s’inquiètent également d’une baisse possible des prix à la production pour des filières déjà fragilisées par les coûts de production élevés et une pression concurrentielle étrangère.
Cet accord doit être compris dans un contexte international où l’Europe cherche à « diversifier ses partenariats commerciaux » tout en gérant des tensions avec des partenaires majeurs comme la Chine ou les États-Unis. Les relations économiques entre l’Union européenne et la Chine sont déjà profondément intriquées : la Chine et l’UE sont des partenaires commerciaux clés l’un pour l’autre avec des flux de biens et de technologies substantiels.
Pour certains observateurs, l’accord avec le Mercosur illustre la volonté européenne de réorganiser ses alliances commerciales face aux défis géopolitiques actuels, incluant des préoccupations de sécurité, des débats sur la dépendance à certaines chaînes d’approvisionnement et une pression accrue pour préserver l’emploi dans les secteurs sensibles.
Pour les Chambres de Commerce européennes et internationales, cet accord ouvre un nouveau champ d’opportunités pour les entreprises prêtes à exploiter les échanges euro-latino-américains. Il appelle aussi à un accompagnement accru des PME dans leurs stratégies d’exportation et d’internationalisation, ainsi qu’à une anticipation des impacts sectoriels, notamment pour l’agroalimentaire, l’industrie manufacturière et les services logistiques.
Un suivi attentif du processus de ratification et des mesures d’accompagnement post-accord sera essentiel pour aider les acteurs économiques à naviguer dans ce contexte de transformation des flux commerciaux mondiaux.


























